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samedi 21 juillet 2012

Rapport d'exposition : Magie en Cauchois

 Il y a quelques jours, ma douce et moi avons exposé dans le cadre du fantastique Festival du Lin, manifestation annuelle qui animait pour la 21ème année le Pays de Dun, petit territoire appartenant au pays de Caux, lui-même entité de la Haute-Normandie.
 La beauté des lieux, la sympathie et l'efficacité des organisateurs (230 bénévoles !) ainsi que la participation massive de visiteurs passionnés de fil ont fait de notre séjour un enchantement. Une constatation intéressante : malgré les conditions atmosphériques carrément find'automnales, les Hauts-Normands sont des gens qui sortent quand ils ont décidé de sortir !
 Outre le succès rencontré par les Créatures Consolantes de Véronique et par nos livres-objets, mon roman et les Rimotises ont également beaucoup intéressé de façon tout à fait inattendue.

 Les conditions d'hébergement étaient, osons le mot, "indécentes" puisque nous avons été logés dans le château auquel appartient la chapelle dans laquelle nous exposions. Ce qui devait être un "studio" était en réalité une aile du château de quelques centaines de mètres carrés entièrement aménagée. Nos petits lévriers et nous-mêmes avons pris cela comme des vacances rares et précieuses. Devant la fenêtre de la salle de bains, grande comme une salle de bal, nous pouvions admirer une jument baie de fort beau port.
 Quelques images de l'endroit et de l'exposition pour vous montrer qu'on ne se moque point des artistes dans ce haut lieu du lin, matière noble et belle, peu gourmande en eau et en produits chimiques, qui donne des fibres de qualité exceptionnelle :

 Les Créatures Consolantes comme chez elles,
recueillies mais facétieuses,
posées sur des châssis montés sur des prie-Dieu
et recouverts de draps de lin monogrammés

 L'entrée de la chapelle avec l'affiche de l'exposition :
la jolie fleur de lin bleue.

 Shaton fier et heureux dans sa chemise de lin blanc "toute neuve",
achetée le matin-même à la friperie de Sotteville-sur-Mer,
devant l'hibou-livre
et une partie des autres œuvres en perspective

 Une vue depuis l'autel,
les Créatures Consolantes devant les livres-objets,
la disposition générale rappelant une nef.

 Petite pause des héros sous les falaises du pays de Caux,
à Sotteville-sur-mer.
Le vent, les galets et la marée apeurent les petits lévriers...

 En face de l'hibou-livre,
le fameux "faon de poème",
vedette de l'exposition grâce à son sourire,
son allure... et sa position juste derrière l'entrée

 La belle jument
que l'on admire depuis la fenêtre de la salle de bains

 L'espace de quelques jours,
se croire le Maître du château
avec ses petits lévriers fort aristocratiques

Une cuisine aux dimensions modestes...
à peine 6 mètres sous plafond pour une surface de 50 mètres carrés

La maîtresse de chapelle s'enfonce dans les galets
et rit de voir son exposition si belle dans ce blogue-miroir :-)

 Un grand merci au couple de gardiens du château et aux châtelains eux-mêmes pour leur accueil, leur générosité et leur gentillesse. Notre affection également vers tous nos (nouveaux) amis cauchois. L'année prochaine, nous ferons en sorte de revenir (en simples visiteurs, hélas...) pour profiter à nouveau de cette sympathie généralisée.
 Comme le dit le dicton inscrit sur le fronton de notre maison : "Il y a peut-être des imbéciles partout, mais nous n'en rencontrons jamais."

mercredi 2 février 2011

Précis souvenir de rêves impossibles

Une fois n'est pas coutume...
Le message que j'ai posté aujourd'hui sur l'envers du verbe est tellement important pour moi que je tiens à le rendre visible sur le verbe au vert.
Veuillez pardonner cette redondance, bien qu'il s'agisse à mon avis d'une histoire qu'il faut lire deux fois pour mieux l'apprécier ;))
Voici :

Il y a presque vingt ans, je vivais en colocation dans un petit appartement de la banlieue de Strasbourg.
Mes deux camarades de fortune du pot étaient deux algériens, deux frangins issus d'une belle fratrie de six unités mâles et trois unités femelles, une belle famille, de belles personnes. Ils étaient tous les deux musiciens, l'un d'abord juriste et l'autre d'abord architecte. Mais d'abord musiciens.
Et ils étaient mes amis, mes frères, ceux grâce auxquels mes années les plus sombres n'ont pas été un désastre total.

Lors de l'une de nos soirées amicales et animées, nous avons "joué" au jeu de l'avenir : Comment nous voyons-nous dans dix ou vingt ans, ces choses-là...
Je dois l'avouer, j'avais à l'époque une certaine propension au désespoir qui me poussait à refuser toute perspective heureuse à plus d'une heure de distance... mais mes camarades ont insisté, autant pour alimenter le jeu que pour me forcer à avoir une vision optimiste de mon destin mal barré.
Alors j'ai fantasmé, j'ai répondu grosso modo que "dans vingt ans, j'aimerais vivre avec une compagne artiste dans une belle maison à la campagne, entouré de nature sauvage, proche de mes amis et exerçant la profession d'écrivain".
Et, sans doute, je me suis mis à pleurer en buvant une gorgée de ma bière et en allumant une cigarette par le filtre, à cause de mes yeux brouillés par les larmes... et j'ajoutai "mais de toute façon, cela n'arrivera jamais..."

L'un de mes deux amis, je ne me souviens plus lequel, m'aura pris par les épaules et m'aura dit :
"Tu sais, Sébichou, si tu le veux très fort, cela arrivera. Il faut juste que tu y croies."

Et oui, on m'appelait Sébichou.
Oui, j'avais des amis comme ça.
Oui, je vis bien dans une maison à la campagne avec ma compagne artiste, la nature autour, des amis partout et j'écris... j'écris encore...
Oui, j'ai commencé à y croire un jour de l'année 1995, l'un des plus beaux jours de ma vie dont il sera question une autre fois.
Oui, tout cela est vrai mais romancé, romancé mais vrai...
Or, pour un auteur qui aime à tout mélanger pour délivrer des cohérences fulgurantes, les fantasmes du passé sont aussi de merveilleuses réalités.
Or tout est vrai.
Voilà.


A Habib, Bady et Amar, tout aussi présents dans mon cœur qu'en ce bas-monde