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vendredi 31 mars 2017

Allez, dès qu'il repasse au-dessus de 15, je vote pour lui

Les sondages actuels, c'est quand même un truc magique : il y a quasi-unanimité pour les critiquer, ils se sont salement trompés sur les dernières élections, mais ils sont quand même au centre des discussions politiques. Ça me sidère ; un peu comme si les acouphènes étaient au centre des discussions sur la musique... bref.
Pour ma part, je ne consulte jamais de sondages, je ne m'y intéresse pas du tout et je m'en porte mieux. En effet, mes convictions ne sont ni à 0,5 ni à 30 %, elles sont intactes.

mardi 23 décembre 2014

C'est quand un heureux creux se comble qu'on découvre que c'était un creux

Une période de quatre ans s'achève. Quatre ans où il a fallu mettre de côté l'écriture, les blogues, les livres, beaucoup de choses...
Quatre années passionnantes et éprouvantes, pour un métier unique et rare, pour une cause, pour une équipe qui se désagrège parce qu'elle ne peut pas être gardée, mais qui renaît par le courage et la volonté de ceux qui restent.
Quatre années qui sont venues briser un élan en en créant un autre, qui lui-même se retrouve brisé au moment où se recrée le premier.

Je ne sais ce qui se serait passé si je n'avais pas répondu à l'appel au retour à mes premières amours professionnelles. L'inconnu, les difficultés... Je ne sais.
J'ai appris au contraire à être patient, à voir plus loin, à me faire confiance. J'ai appris à faire taire un idéal au nom d'une mission. J'ai appris à souffler sur les braises étouffées.

Je reviens. L'écriture me manquait trop, cela devenait douloureux...
Et pourtant, pendant ces quatre ans, j'ai exercé un des plus beaux métiers qui soient, un métier rare et précieux que nous sommes bien peu à pouvoir exercer en ce monde. Le privilège de la douleur. Faire ce qu'on aime est donc un sacrifice dès lors qu'on délaisse l'essentiel.

Je reviens. Et passé le choc du retour, je pourrai enfin raconter, relater... et montrer !

mardi 31 juillet 2012

Traité d'écologisme joyeux, non-roman 14

Mon second blogue, l'envers du verbe avait pour vocation première d'être l'écrin de "l'écologisme joyeux", dont la mission est d'avoir et de donner envie de sauver l'humanité et la planète dans le plaisir et le contentement de vivre.
Cette manière de penser et de prescrire va à l'encontre d'une image négative de l'écologisme, parfois entretenue par les écologistes eux-mêmes, idée selon laquelle il faut se priver pour ne pas abîmer. Se priver ET souffrir. Manger sainement ET faire la gueule. Moins consommer ET s'aigrir. Or, l'écologisme ne triomphera sans douleur que s'il arrive à faire la preuve qu'il peut se parer de joie et de bonne humeur.
Dans l'optique d'une démonstration complète, j'envisageai l'écriture d'un ouvrage amusant et partisan intitulé : "Pour un écologisme de la joie : 100 idées reçues et 100 solutions pour préserver l'environnement parce que cela nous rend heureux". L'envers du verbe est en quelque sorte la vitrine de cet ouvrage.

PAGES QUI EN PARLENT
17 octobre 2011 : présentation générale
18 octobre 2011 : idée reçue 1
04 novembre 2011 : solution 37
17 novembre 2011 : idée reçue 2
01 décembre 2011 : solution 92
12 décembre 2011 : solution 8
20 décembre 2011 : idée reçue 44
23 décembre 2011 : idée reçue 67
28 décembre 2011 : solution 98, partie 1
5 janvier 2012 : solution 98, partie 2
12 janvier 2012 : idée reçue 13
19 janvier 2012 : idée reçue 51
27 février 2012 : solution 14

TITRE
Pour un écologisme de la joie : 100 idées reçues et 100 solutions pour préserver l'environnement parce que cela nous rend heureux

GENRE
recueil de chroniques humoristico-didactiques

AVANCEE
moyenne, en progression

TAILLE ACTUELLE
6 000 mots

SYNOPSIS COURT
Il faut lire quelques chroniques pour saisir le ton global. L'idée est de proposer un modèle de vie conciliant le plaisir, la bonne humeur et le respect de l'environnement, à commencer par l'alimentation. Les textes ne sont pas exempts de mauvaise foi et d'ironie, mais ils sont tous mus par une seule règle : on ne traite pas d'écologisme joyeux pour embêter autrui mais par amour de l'humain.
Je me suis beaucoup inspiré des phrases qui fleurissent et que j'ai réellement entendues ou lues pour faire la liste des idées reçues. Les solutions sont plus personnelles, souvent plus légères dans le ton, mais toujours argumentées.

mercredi 22 décembre 2010

C'est bientôt nouelle : idée de cadeau II

C'est bientôt Noël et vous n'avez toujours pas de cadeaux à offrir.
Soit vous êtes complètement imprévoyants et inconséquents, soit vous avez suivi mon conseil d'hier, ce qui est tout à votre honneur.
Tout n'est cependant pas perdu, il me reste quelques idées que voici :

Idée 2
Une œuvre d'art ou un objet d'artisanat, de préférence créé(s) par des artistes et artisans que vous connaissez et/ou qui habitent près de chez vous.
En effet, quoi de plus précieux et original qu'une œuvre unique et personnelle ? Alors, vous me direz : l'art est cher. Bon. Soit, admettons... Or l'art a une valeur.
D'ailleurs vous savez pourquoi les "objets moches en plastique toxique fabriqués avec les pieds par des enfants sous-nourris dans des usines insalubres à l'autre bout du monde" ne sont pas chers, eux ? La réponse est en partie contenue dans la question, quelque part entre "moches" et "insalubres".
Commentaire
En parlant d'œuvres d'art, je pense d'abord à celles de Véronique Lafont, qui cumule les avantages d'être magnifiquement douée et de partager mon toit.
Mais je pense aussi à plusieurs excellents amis peintres, sculpteurs, créateurs et auteurs comme Isabelle F., Isabelle B., Véro vander, Hortense, Marcus McA, Anne, Christophe, caro "Karo", Francine, ainsi qu'à quelques agents et galeries comme Mcg "la librairie du ciel", Le mouton bleu, jour et nuit...

Idée 3
Beaucoup d'amour, d'attention, de douceur, de tendresse, de serviabilité, d'écoute, de temps passé avec les autres...
Commentaire
Gratuit d'un point de vue pécuniaire, ce type de cadeaux ne l'est pas sur le plan affectif. C'est pourquoi il faut les assortir d'un maximum de sincérité pour être crédible et faire réellement plaisir à la personne qui reçoit.

Idée 4
Du pain. Pas n'importe quel pain, celui que vous avez pétri et fait cuire vous-même.
De nos jours, on trouve des recettes assez simples et à la portée de tous, y compris quand on n'a pas de machine à pain.
Commentaire
Marche aussi avec les gâteaux et par extension avec tout ce qui se mange du moment que c'est bon. Véronique, par exemple, fait le meilleur pain du monde, car c'est moi qui le décrète.


Idée 5
Dernier recours, dernière minute, offrez n'importe quoi qui vous tombe sous la main et qui se trouve dans votre maison : Un DVD, un livre, une corbeille à papiers, une couverture, un sac de pommes de terre, un abat-jour, une poignée de terre dans un bocal... Ne faites pas preuve d'imagination, ne donnez que des objets auxquels vous ne tenez pas sans qu'il soit pour autant honteux de les offrir...
Commentaire
Déjà expérimenté dans nos latitudes. La démarche était considérée comme avaricieuse il y a vingt ans ; elle surprenait il y a dix ans ; dorénavant, elle est perçue comme courageuse. L'avenir dira ce qu'il faut réellement en penser.

Soyez heureux et offrez-vous beaucoup d'idées 2, 4 & 5 et surtout d'idées 3 !!

mardi 21 décembre 2010

C'est bientôt nouelle : idée de cadeau I

C'est bientôt Noël et vous n'avez pas encore de cadeaux à offrir.
De plus, l'accumulation d'objets moches en plastique toxique fabriqués avec les pieds par des enfants sous-nourris dans des usines insalubres à l'autre bout du monde vous donne de plus en plus envie de vomir...
Vous avez raison, mais tout n'est pas perdu, voici en exclusivité mes idées-cadeaux pour Noël 2010, enfin... MApremière idée-cadeaux de dernière minute en attendant les suivantes demain :

Idée 1 : Rien

Commentaire :
Vous êtes un obscurantiste, un rabat-joie. Vous détruisez l'économie mondiale que vos pairs ont mis des décennies à concevoir et développer. Des pays seront ruinés par votre faute... mais vous tenez bon, vous n'offrirez rien, parce que vous pensez que l'espèce humaine crèvera de son ultra-consumérisme et qu'il vaut mieux commencer maintenant la décroissance que de toute façon on nous imposera un jour par lois et décrets.
En réalité, vous êtes des précurseurs.

vendredi 24 septembre 2010

Mais qui sont ces gens qui écrivent ?

Je vous l'ai promis hier, nous parlerons aujourd'hui de ce qui "fait et constitue le métier d'écrivain", selon les écrivains eux-mêmes.
Dans les nombreuses entrevues que ces derniers ont accordé à l'occasion de la rentrée littéraire, certaines questions reviennent souvent. Par le non-mauvais esprit qui me caractérise, je n'en ai retenu que quelques-unes, pas forcément les plus tordues, mais celles qui ont amené des réponses qui m'ont ému.
Pour bien éclairer ce qui m'intéresse, il est à noter que les journalistes questionnent parfois sur un mode générique :
"Est-ce que les écrivains font ceci ? Est-ce que les écrivains sont cela ?"
Au début, l'auteur questionné réagit en individu :
"Les autres, je ne sais pas, mais moi..."
Puis la lassitude aidant, il oublie sa condition d'être singulier et se met à répondre au nom de la confrérie :
"Oui, les écrivains sont ceci, doivent faire cela !"

C'est là que la chose devient intéressante et ce sont ces réponses que je vais transcrire ici, parce que tout le monde sait que tout le monde pense que tout le monde doit faire comme tout le monde. Enfin, c'est mon avis, hein, tout le monde ne le partage pas :))

Voici, pour vous, les vices et travers les plus saillants inhérents à la profession d'écrivain. La nature humaine étant ce qu'elle est, les affirmations individuelles se contredisent parfois totalement. Notez bien : Tout ce qui suit est la déformation de discours réellement tenus. Mes commentaires sont en sus.

Les écrivains sont des voleurs
Ils passent leur temps à dérober les paroles d'autrui. Osez une phrase intelligente et originale devant un écrivain, vous la retrouverez dans son prochain livre. On ne parle pas aux écrivains parce qu'ils utilisent tout ce qu'ils entendent pour en faire de la fiction. Que vous le vouliez ou non, fréquenter un écrivain fera de vous un personnage de roman, généralement pas à votre avantage.
Cette tare peut se cumuler avec celle du linguiste-grammairien, lequel vous reprendra à la moindre faute de syntaxe... selon une légende urbaine que je n'ai toujours pas comprise (en tant que linguiste).
Alors oui, méfiez-vous des écrivains. Ne leur confiez rien, ne leur dites rien, ignorez-les, ne les regardez même pas.
Comme dirait l'écrivain en début d'entrevue : "les autres je ne sais pas, mais moi je suis très gentil avec autrui."

Les écrivains sont généreux
S'ils sont notoirement voleurs (voir point précédent), ils restituent tout. Le problème est que les lecteurs sont crédules, ce qui peut donner lieu à de terribles malentendus.
"Quoi, tu as vu ce que tu as fait page 27 ?
- Mais enfin, chéri, ce n'est pas moi, c'est cet écrivain de malheur qui s'est servi de moi pour ses élucubrations !
- Tu ne t'en tireras pas comme ça !"
Rien à dire, c'est pure vérité.

Les écrivains sont invivables
Quand un écrivain écrit, il ne faut pas lui parler, il ne faut pas passer dans son champ de vision, pas chanter, pas écouter de la musique, pas marcher, pas respirer... L'écriture réclame un isolement et un calme absolus.
Quand un écrivain écrit, il vaut mieux être loin. C'est ce qui explique pourquoi la plupart sont célibataires. Enfin, il paraît, c'est ce qu'on m'a dit... parce que moi ça ne me dérange pas : le bruit, la présence de l'être aimé, la musique, tout ça. J'aime bien.

Les écrivains doivent s'imposer des règles
Un écrivain n'écrit bien que s'il est rigoureux avec lui-même. Limite masochiste. Par exemple, si vous n'êtes pas du matin, forcez-vous à vous lever à 3h00 et écrivez tous les jours de 4h22 à 8h12. Dans tous les cas de figure, forcez-vous à écrire le même nombre d'heures chaque jour, même si vous n'en avez pas envie. L'inspiration naît avant tout de la discipline.
Si j'excepte le côté caricatural, je confirme que ça marche sur moi : écrire tous les jours me permet d'écrire tous les jours. Ahahah, simple, non ?

Les écrivains doivent s'engager
Un écrivain qui n'entend pas faire passer de message politique n'est rien. C'est pour cela que la moitié des livres parus cette année traite d'au moins un homme politique Français ou d'une guerre du 20ème siècle. Si vous n'entendez que distraire les foules, vous n'êtes pas un écrivain, vous êtes un... un sale... un moins que... un écrivaillon ! Parfaitement !
Quant à moi, je ferai la différence entre engagement et désir de faire partager mes idées. J'espère que mon amour des gens, de la vie et de la nature se sentira dans mes écrits. J'espère aussi qu'on sentira mon apolitisme et ma cruelle absence de convictions partisanes. C'est mon engagement.

Les écrivains se révèlent dès le berceau
Un écrivain sait qu'il deviendra écrivain dès l'école primaire. Si vous n'écrivez pas votre premier début de roman avant le collège, vous ne serez jamais écrivain (entendu à la radio). Alors ne vous obstinez pas, laissez tomber, vous avez commencé trop tard.
Mon premier poème date du CE1, il parlait de roses roses, de bleuets bleus et de jonquilles jaunes. Il ne rimait pas, il ne dépassait pas deux strophes. N'empêche, je n'avais que 6 ans. J'ai donc le droit de devenir écrivain, na !

Les écrivains sont des feignants
Un roman de 200 pages tous les 3 ans, vous vous moquez de qui ? 0,2 page par jour, vous appelez ça "un travail" ?
Là tous les cas de figure sont possibles. Si je me fie à mon expérience, un auteur produit bien plus qu'il ne publie. C'est valable également pour les chercheurs universitaires, d'ailleurs. Mais l'existence de vrais paresseux dans la profession n'est pas à exclure, surtout si le premier jet est le bon (ce qui est rarement le cas).

Les écrivains sont des travailleurs fous
C'est le pendant du point précédent, les écrivains sont obsédés par l'écriture au point d'y consacrer tout leur temps, allant jusqu'à négliger famille, amis, parents... ce qui n'est pas grave puisque tout le monde les fuit du fait qu'ils sont voleurs et invivables !
Pour ma part, je place l'écriture avant toute autre activité. J'ai renoncé à courir après une carrière pour elle, j'ai refusé un bon poste pour elle. Et je lui consacre au moins 40 heures par semaine. Je ne suis ni fou ni travailleur fou, je suis un passionné. Advienne que pourra.

Les écrivains passent leur temps à chercher de la matière pour leurs œuvres
Rejoint le point 1, mais n'engage pas forcément les relations humaines. Une feuille qui tourbillonne, un oiseau qui chante, c'est de l'écriture en puissance. Un élément architectural, n'importe quoi en fait : tout est prétexte à élaborer de la prose.
Faux, à mon avis. Passé un certain temps, l'écrivain ne cherche plus de matière, c'est la matière qui vient à lui. On appelle ça de la déformation professionnelle.

Les écrivains doivent interroger la Planète
La formule est très à la mode en arts plastiques, c'est pourquoi j'ai été surpris lorsqu'un écrivain l'a utilisée en mode générique. Je l'ai entendue dans des tas de vernissages, surtout pour justifier l'existence de... machins... Je ne sais pas comment appeler des amas hétéroclites de détritus érigés en sculpture. "Donc mon vieux pneu cloué sur une planche de bois interroge la planète, notamment notre propension à la détruire sans penser à demain..."
Mais qu'en est-il d'une œuvre littéraire ?
La Planète n'a pas besoin qu'on l'interroge, à mon avis, et d'ailleurs elle ne nous répondra pas.

Les écrivains ne doivent se mêler de rien d'autre que d'écrire
S'oppose au point 5, montrant s'il en était besoin que les écrivains ne pensent pas tous la même chose. Un écrivain n'est rien, il n'est qu'un amuseur au service du lectorat.
Mais au fait, y a t-il incompatibilité entre s'engager et ne se mêler de rien d'autre que d'écrire ?
A mon avis non, mais ce n'est que mon avis ;))

Les écrivains sont trop nombreux
L'aspect le plus douloureux de l'espèce humaine ordinaire. S'il n'y avait qu'un seul écrivain sur la Terre, il serait plus puissant et riche que tout autre individu.
Ai également entendu ça au sujet des docteurs en sciences du langage. Faut-il, au nom du nombre, éliminer les plus faibles, les moins doués, les moins violents ? Si j'accepte cette idée, ferai-je partie des survivants ou des sacrifiés ? Suis-je un génocidaire ou un suicidaire ?
L'écrivain qui a dit cela pense qu'il est le meilleur. C'est son droit.

Et la question bonus : "Que conseilleriez-vous à un jeune auteur qui essaie de se lancer ?"
Ah ! La merveilleuse question qui termine la moitié des entrevues !
Tout y passe, des réponses les plus intelligentes aux plus incroyablement saugrenues. Parfois, c'est un florilège de slogans publicitaires : "Fais ce que bon te semble", "sois toi-même", "ne renonce pas", etc.
D'autres fois, on sent bien l'intelligence qui s'échappe par tous les pores : "n'écoute pas les conseils" étant la réponse la plus courante.
Mais au fond, pourquoi cette question ?
Je vous conseille d'arrêter de la poser.

En guise de conclusion, j'espère que le moment venu j'aurai la force d'éviter le piège de la généralisation. Mais c'est facile à dire depuis mon fauteuil de bureau et alors qu'on ne m'a jamais interviewé en dehors du cadre scientifique.

J'allais oublier :
Les écrivains ont un avis sur tout
Et comme le disait un (autre) écrivain : "C'est vrai, mais ils ont surtout plein d'avis sur rien !"
Signé Jean d'O, un de mes préférés sur le plan de la pensée.

Demain, peut-être, un condensé de tout ça en images :))
Soyez heureux.