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mercredi 7 janvier 2015

Du rien

Difficile aujourd'hui d'avoir une pensée légère, une activité sereine ou même une once de joie.

Il reste le grand creux du monde sans sens. L'image de l'humanité insignifiante. L'homme n'est rien, l'homme ne va nulle part. S'il est un dieu au-delà de nos misères, il se moque nécessairement de nous. Le contraire n'est pas accessible à ma raison.
Je le savais déjà, je crois, que nos vies sont ridicules.

C'est peut-être pour cela que je veux poursuivre, inventer, persister.
Dans la douleur et peut-être sans.
Créer, être mon propre artiste, avoir un langage qui est le mien, ne réaliser que cette prouesse insensée qui est de vouloir faire quelque chose avant le néant.

C'est mon devoir. C'est mon seul pouvoir.

mardi 23 décembre 2014

C'est quand un heureux creux se comble qu'on découvre que c'était un creux

Une période de quatre ans s'achève. Quatre ans où il a fallu mettre de côté l'écriture, les blogues, les livres, beaucoup de choses...
Quatre années passionnantes et éprouvantes, pour un métier unique et rare, pour une cause, pour une équipe qui se désagrège parce qu'elle ne peut pas être gardée, mais qui renaît par le courage et la volonté de ceux qui restent.
Quatre années qui sont venues briser un élan en en créant un autre, qui lui-même se retrouve brisé au moment où se recrée le premier.

Je ne sais ce qui se serait passé si je n'avais pas répondu à l'appel au retour à mes premières amours professionnelles. L'inconnu, les difficultés... Je ne sais.
J'ai appris au contraire à être patient, à voir plus loin, à me faire confiance. J'ai appris à faire taire un idéal au nom d'une mission. J'ai appris à souffler sur les braises étouffées.

Je reviens. L'écriture me manquait trop, cela devenait douloureux...
Et pourtant, pendant ces quatre ans, j'ai exercé un des plus beaux métiers qui soient, un métier rare et précieux que nous sommes bien peu à pouvoir exercer en ce monde. Le privilège de la douleur. Faire ce qu'on aime est donc un sacrifice dès lors qu'on délaisse l'essentiel.

Je reviens. Et passé le choc du retour, je pourrai enfin raconter, relater... et montrer !

mercredi 8 mai 2013

Entrevue à la maison avec France Bleu

Pour mon "retour" parmi vous, voici un lien vers une entrevue radiophonique "comme à la maison". C'est l'occasion pour vous de (re)découvrir ma voix et mes voies ;-) 
En affichant les liens vers mes blogues, le journaliste et la chaîne ont en quelque sorte provoqué cette réapparition sur l'Envers du Verbe, le Verbe au Vert et d'autres comptes Internet négligés par moi en 2013. Je les en remercie :-)) 
L'émission sur France Bleu Bourgogne-Auxerre est diffusée tous les jours de la semaine à 13h30. A chaque fois, quelques minutes d'entretien entre le journaliste et moi sont proposées. Pour les trois premiers jours, il est surtout question de mots, de lexique et de notre implantation dans l'Yonne. L'entrevue dans son ensemble fut un très bon moment. Comme vous allez l'entendre, mon interlocuteur était de qualité supérieure.
Sous ce lien, vous pouvez trouver les trois premiers extraits :
http://www.francebleu.fr/patrimoine/lettre-ecriture/les-gens-d-ici/gens-d-ici
http://www.francebleu.fr/patrimoine/les-gens-d-ici/gens-d-ici-79
http://www.francebleu.fr/patrimoine/les-gens-d-ici/gens-d-ici-80
Love from shaton et à bientôt pour des nouvelles fondamentalement VERTES.

jeudi 2 décembre 2010

Période de sevrage

Déjà deux semaines sans écrire... à l'exception de quelques messages de blogue et de quelques commentaires ici et là.
C'est une situation nouvelle pour moi et je ne vous cache pas qu'il me tarde un peu de "retourner aux affaires".

Cependant, l'activité de relecture me convient aussi très bien, c'est d'ailleurs une des trois raisons majeures pour lesquelles j'écris, je l'avoue : dans le but de me relire.

En attendant mieux, je vous invite à découvrir le message d'hier dans lequel j'invente une nouvelle manière de me faire remarquer sur le Net.
Entendez par là que contrairement à la plupart de mes contemporains qui se filment quotidiennement, j'ai mis en ligne la première vidéo me représentant !
Apparemment, elle n'amuse pas que moi...

Soyez heureux.

samedi 16 octobre 2010

Alerte, le corps stresse

Aujourd'hui, mon corps m'a dit "attention, tu stresses sans le savoir".
Je connais cet avertissement et le respecte. N'étant pas très anxieux mentalement, c'est généralement mon physique qui tire les poignées d'alarme.
Je crois que cette histoire de challenge littéraire 2010 est en train de m'user un peu. Oh, qu'on se rassure parmi mes proches, il s'agit de signaux faibles, mais réels.
C'est un fait, je m'en fais une montagne (cf. "chaque étape est une étape de montagne" du message précédent) alors qu'il n'y a que moi que cela impacte vraiment. Il y aussi les contreparties à écrire dans le cadre de babeldoor et qui sont en retard. Il y a des emplois potentiels qui se profilent pour 2011, à plein temps ou à temps partiel. Il y a...

Il y a que je me mets tout seul, et sans m'en rendre compte, une pression qui ne s'impose pas, que VOUS ne m'imposez pas.

Le nouveau challenge littéraire 2010 sera donc dorénavant de le poursuivre dans la légèreté, le calme, la bonne humeur, la confiance et une totale absence de pression. Il adviendra ce qu'il adviendra et la notion de "premier jet" sera soumise à caution en temps voulu. Il n'est nullement question d'abandonner ce projet, entendons-nous bien. Je dois juste le vivre différemment, prendre de la distance, me détendre.
Après tout, j'ai déjà des récits achevés, j'en ai d'autres en relecture, pas mal en projet aussi...
Il faut que cesse cette auto-dictature de la performance, qui me fatigue alors même que je ne la pratique pas consciemment.

D'avoir écrit cela a fait un peu diminuer ma migraine et mes courbatures. Nul doute que l'auto-guérison est en marche.

Nous n'avons pas le choix, il va falloir apprendre à vivre en nous respectant nous-mêmes.
Soyez heureux.

mercredi 13 octobre 2010

On peut être pionnier et candide à la fois

On peut utiliser Internet depuis les origines et montrer une très grande naïveté pour des choses élémentaires... Je vais vous expliquer pourquoi.

Il était une fois...
Dans un proche pays...
Un jeune homme découvrant une technologie permettant d'envoyer des messages en temps réel à d'autres personnes.
Puis il s'aperçut rapidement qu'il pouvait avoir accès à des informations importantes, comme la liste des ouvrages référencés dans son université...
Plus le temps passait et plus la masse d'informations était grande...
Bien sûr, au début il fallait attendre un certain temps que les "pages" s'ouvrent...

Et puis le jeune homme vit apparaître les blogues et les sites personnels.
Il se dit que ce serait chouette d'en créer un, mais pour quoi faire ? Il n'avait rien à dire, il n'écrivait pas encore... Quant à ses travaux linguistiques, ils intéressaient peu de monde et il n'avait pas besoin d'Internet pour les faire connaître.

Enfin vint le temps de l'écriture ; son doctorat achevé, le jeune homme se mit à élaborer des romans et voulut le faire savoir au monde entier...
Alors il créa son premier blogue en 2009, 15 ans après sa première utilisation du web et 10 ans après ses premières velléités d'ouverture d'un tel objet.
Il lui donna un nom qui résumerait son goût prononcé pour la Nature et pour le langage : "le mot au vert", ou quelque chose d'approchant.

A force de fréquenter les blogues des autres, il s'aperçut que beaucoup parlaient du nombre de visiteurs et/ou des mots-clés tapés sous goût-gueule pour y accéder.
Le jeune homme trouva cela amusant, d'autant que les mots-clés en question étaient plutôt comiques, et souvent lestes, entre autres des versions très grossières de "personne aux mœurs légères fort peu vêtue".
Le jeune homme s'étonna cependant de lire des messages mystérieux du type "j'ai six visiteurs qui me lisent pendant que j'écris ces lignes !" ou encore "Hier, un type est arrivé sur mon blogue en tapant "commen avoir une relations amoureuzes harmaunieuze avecq mon amstère !!"".
Il s'étonnait, notre gentil jeune homme, parce qu'il se demandait si tout cela n'était pas qu'une farce. Surtout, il se demandait comment pouvaient-ils savoir ça, tous ces blogueurs...

Je l'avoue humblement, j'ai découvert seulement hier soit que ces fonctionnalités existaient...
J'ai ainsi pu constater que les mots-clés pour accéder au verbe au vert manquent de drôlerie. Il est vrai que j'utilise peu d'expressions et de termes destinés à faire venir ici les chercheurs de vie amoureuse harmonieuse avec des hamsters, ou d'autres vies amoureuses...
Depuis goût-gueule, on vient ici principalement en tapant "le verbe au vert" ou mon nom.
Sortant du lot, toutefois, quatre individus ont trouvé mon blogue avec ces termes :
"larves de trombidion"
"aoutats verbes et vinaigre"
"à quel temps est ce verbe en vert ?"
"verbes pour décrire l'automne"
ce qui démontre que le verbe au vert fait autorité en entomologie, grammaire et lexicologie verbale, ce dont je me réjouis très fortement.

L'autre utilité de ce message est qu'à partir d'aujourd'hui on pourra accéder au verbe au vert grâce à :
"personne aux mœurs légères fort peu vêtue"
et
"vie amoureuse harmonieuse avec des hamsters"
ce qui n'est pas rien, convenons-en.
Pour ma part, j'aurai beaucoup appris sur mon propre blogue :)

Soyez heureux et venez ici par hasard si vous voulez.

vendredi 24 septembre 2010

Mais qui sont ces gens qui écrivent ?

Je vous l'ai promis hier, nous parlerons aujourd'hui de ce qui "fait et constitue le métier d'écrivain", selon les écrivains eux-mêmes.
Dans les nombreuses entrevues que ces derniers ont accordé à l'occasion de la rentrée littéraire, certaines questions reviennent souvent. Par le non-mauvais esprit qui me caractérise, je n'en ai retenu que quelques-unes, pas forcément les plus tordues, mais celles qui ont amené des réponses qui m'ont ému.
Pour bien éclairer ce qui m'intéresse, il est à noter que les journalistes questionnent parfois sur un mode générique :
"Est-ce que les écrivains font ceci ? Est-ce que les écrivains sont cela ?"
Au début, l'auteur questionné réagit en individu :
"Les autres, je ne sais pas, mais moi..."
Puis la lassitude aidant, il oublie sa condition d'être singulier et se met à répondre au nom de la confrérie :
"Oui, les écrivains sont ceci, doivent faire cela !"

C'est là que la chose devient intéressante et ce sont ces réponses que je vais transcrire ici, parce que tout le monde sait que tout le monde pense que tout le monde doit faire comme tout le monde. Enfin, c'est mon avis, hein, tout le monde ne le partage pas :))

Voici, pour vous, les vices et travers les plus saillants inhérents à la profession d'écrivain. La nature humaine étant ce qu'elle est, les affirmations individuelles se contredisent parfois totalement. Notez bien : Tout ce qui suit est la déformation de discours réellement tenus. Mes commentaires sont en sus.

Les écrivains sont des voleurs
Ils passent leur temps à dérober les paroles d'autrui. Osez une phrase intelligente et originale devant un écrivain, vous la retrouverez dans son prochain livre. On ne parle pas aux écrivains parce qu'ils utilisent tout ce qu'ils entendent pour en faire de la fiction. Que vous le vouliez ou non, fréquenter un écrivain fera de vous un personnage de roman, généralement pas à votre avantage.
Cette tare peut se cumuler avec celle du linguiste-grammairien, lequel vous reprendra à la moindre faute de syntaxe... selon une légende urbaine que je n'ai toujours pas comprise (en tant que linguiste).
Alors oui, méfiez-vous des écrivains. Ne leur confiez rien, ne leur dites rien, ignorez-les, ne les regardez même pas.
Comme dirait l'écrivain en début d'entrevue : "les autres je ne sais pas, mais moi je suis très gentil avec autrui."

Les écrivains sont généreux
S'ils sont notoirement voleurs (voir point précédent), ils restituent tout. Le problème est que les lecteurs sont crédules, ce qui peut donner lieu à de terribles malentendus.
"Quoi, tu as vu ce que tu as fait page 27 ?
- Mais enfin, chéri, ce n'est pas moi, c'est cet écrivain de malheur qui s'est servi de moi pour ses élucubrations !
- Tu ne t'en tireras pas comme ça !"
Rien à dire, c'est pure vérité.

Les écrivains sont invivables
Quand un écrivain écrit, il ne faut pas lui parler, il ne faut pas passer dans son champ de vision, pas chanter, pas écouter de la musique, pas marcher, pas respirer... L'écriture réclame un isolement et un calme absolus.
Quand un écrivain écrit, il vaut mieux être loin. C'est ce qui explique pourquoi la plupart sont célibataires. Enfin, il paraît, c'est ce qu'on m'a dit... parce que moi ça ne me dérange pas : le bruit, la présence de l'être aimé, la musique, tout ça. J'aime bien.

Les écrivains doivent s'imposer des règles
Un écrivain n'écrit bien que s'il est rigoureux avec lui-même. Limite masochiste. Par exemple, si vous n'êtes pas du matin, forcez-vous à vous lever à 3h00 et écrivez tous les jours de 4h22 à 8h12. Dans tous les cas de figure, forcez-vous à écrire le même nombre d'heures chaque jour, même si vous n'en avez pas envie. L'inspiration naît avant tout de la discipline.
Si j'excepte le côté caricatural, je confirme que ça marche sur moi : écrire tous les jours me permet d'écrire tous les jours. Ahahah, simple, non ?

Les écrivains doivent s'engager
Un écrivain qui n'entend pas faire passer de message politique n'est rien. C'est pour cela que la moitié des livres parus cette année traite d'au moins un homme politique Français ou d'une guerre du 20ème siècle. Si vous n'entendez que distraire les foules, vous n'êtes pas un écrivain, vous êtes un... un sale... un moins que... un écrivaillon ! Parfaitement !
Quant à moi, je ferai la différence entre engagement et désir de faire partager mes idées. J'espère que mon amour des gens, de la vie et de la nature se sentira dans mes écrits. J'espère aussi qu'on sentira mon apolitisme et ma cruelle absence de convictions partisanes. C'est mon engagement.

Les écrivains se révèlent dès le berceau
Un écrivain sait qu'il deviendra écrivain dès l'école primaire. Si vous n'écrivez pas votre premier début de roman avant le collège, vous ne serez jamais écrivain (entendu à la radio). Alors ne vous obstinez pas, laissez tomber, vous avez commencé trop tard.
Mon premier poème date du CE1, il parlait de roses roses, de bleuets bleus et de jonquilles jaunes. Il ne rimait pas, il ne dépassait pas deux strophes. N'empêche, je n'avais que 6 ans. J'ai donc le droit de devenir écrivain, na !

Les écrivains sont des feignants
Un roman de 200 pages tous les 3 ans, vous vous moquez de qui ? 0,2 page par jour, vous appelez ça "un travail" ?
Là tous les cas de figure sont possibles. Si je me fie à mon expérience, un auteur produit bien plus qu'il ne publie. C'est valable également pour les chercheurs universitaires, d'ailleurs. Mais l'existence de vrais paresseux dans la profession n'est pas à exclure, surtout si le premier jet est le bon (ce qui est rarement le cas).

Les écrivains sont des travailleurs fous
C'est le pendant du point précédent, les écrivains sont obsédés par l'écriture au point d'y consacrer tout leur temps, allant jusqu'à négliger famille, amis, parents... ce qui n'est pas grave puisque tout le monde les fuit du fait qu'ils sont voleurs et invivables !
Pour ma part, je place l'écriture avant toute autre activité. J'ai renoncé à courir après une carrière pour elle, j'ai refusé un bon poste pour elle. Et je lui consacre au moins 40 heures par semaine. Je ne suis ni fou ni travailleur fou, je suis un passionné. Advienne que pourra.

Les écrivains passent leur temps à chercher de la matière pour leurs œuvres
Rejoint le point 1, mais n'engage pas forcément les relations humaines. Une feuille qui tourbillonne, un oiseau qui chante, c'est de l'écriture en puissance. Un élément architectural, n'importe quoi en fait : tout est prétexte à élaborer de la prose.
Faux, à mon avis. Passé un certain temps, l'écrivain ne cherche plus de matière, c'est la matière qui vient à lui. On appelle ça de la déformation professionnelle.

Les écrivains doivent interroger la Planète
La formule est très à la mode en arts plastiques, c'est pourquoi j'ai été surpris lorsqu'un écrivain l'a utilisée en mode générique. Je l'ai entendue dans des tas de vernissages, surtout pour justifier l'existence de... machins... Je ne sais pas comment appeler des amas hétéroclites de détritus érigés en sculpture. "Donc mon vieux pneu cloué sur une planche de bois interroge la planète, notamment notre propension à la détruire sans penser à demain..."
Mais qu'en est-il d'une œuvre littéraire ?
La Planète n'a pas besoin qu'on l'interroge, à mon avis, et d'ailleurs elle ne nous répondra pas.

Les écrivains ne doivent se mêler de rien d'autre que d'écrire
S'oppose au point 5, montrant s'il en était besoin que les écrivains ne pensent pas tous la même chose. Un écrivain n'est rien, il n'est qu'un amuseur au service du lectorat.
Mais au fait, y a t-il incompatibilité entre s'engager et ne se mêler de rien d'autre que d'écrire ?
A mon avis non, mais ce n'est que mon avis ;))

Les écrivains sont trop nombreux
L'aspect le plus douloureux de l'espèce humaine ordinaire. S'il n'y avait qu'un seul écrivain sur la Terre, il serait plus puissant et riche que tout autre individu.
Ai également entendu ça au sujet des docteurs en sciences du langage. Faut-il, au nom du nombre, éliminer les plus faibles, les moins doués, les moins violents ? Si j'accepte cette idée, ferai-je partie des survivants ou des sacrifiés ? Suis-je un génocidaire ou un suicidaire ?
L'écrivain qui a dit cela pense qu'il est le meilleur. C'est son droit.

Et la question bonus : "Que conseilleriez-vous à un jeune auteur qui essaie de se lancer ?"
Ah ! La merveilleuse question qui termine la moitié des entrevues !
Tout y passe, des réponses les plus intelligentes aux plus incroyablement saugrenues. Parfois, c'est un florilège de slogans publicitaires : "Fais ce que bon te semble", "sois toi-même", "ne renonce pas", etc.
D'autres fois, on sent bien l'intelligence qui s'échappe par tous les pores : "n'écoute pas les conseils" étant la réponse la plus courante.
Mais au fond, pourquoi cette question ?
Je vous conseille d'arrêter de la poser.

En guise de conclusion, j'espère que le moment venu j'aurai la force d'éviter le piège de la généralisation. Mais c'est facile à dire depuis mon fauteuil de bureau et alors qu'on ne m'a jamais interviewé en dehors du cadre scientifique.

J'allais oublier :
Les écrivains ont un avis sur tout
Et comme le disait un (autre) écrivain : "C'est vrai, mais ils ont surtout plein d'avis sur rien !"
Signé Jean d'O, un de mes préférés sur le plan de la pensée.

Demain, peut-être, un condensé de tout ça en images :))
Soyez heureux.

jeudi 23 septembre 2010

C'est, non, c'était la rentrée

Nous sommes en septembre, mois des rentrées, mois de la fin de l'été officiel et du début de l'été indien.
Septembre, mois des rentrées...
Ce dernier mot est amusant, "rentrée". Par définition, il s'agit d'une action éphémère menant à une période bien plus longue qui s'appelle "l'année", comme dans l'année scolaire, l'année universitaire, l'année littéraire.
On fait grand cas de la rentrée parce qu'on la considère comme un événement majeur, alors qu'elle autant prévisible qu'inévitable, aussi éphémère que récurrente. Nous savons quand elle aura lieu et généralement nous savons comment elle se déroulera.

Et le lendemain de la rentrée n'est pas la ressortie... mais juste le début de l'année.

Aujourd'hui, comme il se doit ici, je vais dire deux mots de la rentrée littéraire. Comme tous les critiques le disent "je n'ai pas lu tous les livres". Je trouve cette période amusante parce qu'elle coïncide avec des tas d'entrevues avec des écrivain(e)s qui répondent aux mêmes questions chaque année, parfois avec exactement les mêmes réponses face aux mêmes journalistes, lesquels font mine de s'étonner :
"Ah bon ? Vous n'écrivez que 3 heures par semaine ? Mais c'est diiingue !"
Je pense également au "Livre sur la place", grande et trépidante manifestation organisée dans ma ville natale, Nancy. J'y ai tenu un stand autrefois, celui de mon centre d'élevage. En cette rentrée 2010, il me vient le souhait d'y être présent un jour en tant qu'auteur. En 2011, 2012 ou plus tard, et me souvenir qu'en 2002 et 2003, je n'avais aucune intention d'écrire autre chose que ma thèse et quelques articles bien pointus... Et pourtant j'y étais, à ce salon, bien peigné, bien habillé et le sourire cousu au visage. J'y ai fait des démonstrations de dictionnaires en ligne à des visiteurs passionnés.
Il y a une seule chose qui me dérange dans la rentrée littéraire : sa médiatisation laisse croire à beaucoup de gens que les livres ne s'éditent qu'en septembre. Or c'est faux, une petite dizaine paraît en avril...

A propos des interviews de rentrée, on y entend beaucoup de propos un peu généraux sur les auteurs, propos qui méritent de ma part un éclairage très personnel.
Je vous donne donc rendez-vous demain pour rire gentiment des vices et travers de cette belle et généreuse profession.

Soyez heureux.