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lundi 7 mai 2018

Lettre très ouverte au monde


Monsieur le président, mesdames et messieurs les ministres, député•e•s, sénatrices et sénateurs, président•e de syndicat agricole, etc.


Je viens par la présente lettre vous prier de tout mettre en œuvre pour mettre un terme à l'écocide massif dont nous sommes les témoins actuellement.

En effet, vous savez certainement qu'il se produit en ce moment, à l'échelle planétaire, une chute vertigineuse de la biodiversité, une destruction massive des écosystèmes ainsi qu'une pollution systématique des sols, de l'eau, de l'air et des organismes vivants.
Nous savons notamment qu'une proportion très considérable d'insectes volants a disparu d'Europe (on parle de 80 %). De même, la biomasse des oiseaux aurait baissé de 30 % sur notre continent. Ces chiffres ne sont pas des élucubrations d'écologistes illuminés, mais émanent d'organismes de recherche de notre pays, le CNRS et le MNHN en particulier. Ces disparitions ne sont plus inquiétantes ni alarmantes, elles sont tragiques. En matière d'écologie, l'effet d'emballement menace toujours en raison de la fragilité des écosystèmes et des interactions qui y existent. Il y a conséquemment urgence à agir.
Le cas des abeilles mellifères est emblématique, du fait des relations particulières qui existent entre les humains et elles, mais il ne s'agit que de la partie visible de l'iceberg écocidogène. Toutes les espèces animales et végétales sont concernées, l'humain y compris. Il est possible d'ignorer le problème quand on est citadin, loin de toute culture traitée aux pesticides, mais vivre en tant que riverain d'une exploitation agricole peut être une source de colère, de détresse voire de désespoir. Bien qu'un cas particulier ne puisse servir de loi générale, je ne peux m'empêcher de vous décrire notre vie en une phrase un jour de pulvérisation de produits phytosanitaires dans le champ voisin (pas assez éloigné en tout cas) : « Les insectes volants agonisent sous nos yeux rougis et irrités. » L'observation d'un tel phénomène ne peut pas laisser indifférent, surtout quand il se répète chaque année, et que chaque année il y a moins d'insectes candidats à la mort immédiate.

Les causes principales de cet écocide sont assez bien connues, elles sont notamment décrites par certains organismes de recherche publique dont il est à noter le travail remarquable, effectué le plus souvent dans la plus grande indépendance :
- Usage massif de pesticides.
- Arrachage des haies.
- Monoculture et augmentation de la taille des parcelles.
- Labour profond (qui détruit durablement la vie des sols, même si la pratique est en baisse).
- Rupture des chaînes alimentaires.
- Destruction des écosystèmes tels que forêts, zones humides...
Etc.

L'interdiction récente par l'Union Européenne de trois types d'insecticides réputés « tueurs d'abeilles » est un premier pas important, mais il est loin d'être suffisant. J'ai encore lu très récemment que le glyphosate ne pourrait pas être interdit dans l'UE en raison de traités signés avec d'autres pays. Un démenti sur ce point serait le bienvenu, ne serait-ce qu'en raison des preuves qui s'accumulent sur la non-innocuité de cette substance.
Les spécialistes de la biodiversité considèrent que seul un changement profond et massif des pratiques agricoles pourra enrayer le processus et, espérons-le, l'inverser. Pour cela, l'action individuelle (des consommateurs, par exemple), les mesures hyper-locales ou les discours (comme celui, excellent, du ministre Nicolas Hulot devant l'Assemblée) ne suffisent plus. Il est urgent et nécessaire d'engager la mutation du modèle agricole dans son ensemble. Il n'est plus seulement question d'encourager l'agriculture biologique à la marge, mais bien de mettre le monde politique et agricole sur la voie d'un changement radical.
Je ne tiens pas ici à faire le procès des agriculteurs. Ils sont souvent les premières victimes des pratiques qu'on leur a apprises, financièrement et physiquement. Au contraire, il s'agirait d'opérer cette mutation avec eux, en les aidant, en les soutenant, en finançant la conversion des exploitations, en les formant à l'agro-écologie ou à la permaculture. Ces dernières ne sont pas une fantaisie de néo-ruraux, mais un ensemble de pratiques décrites et efficaces, déjà répandues mais de façon malheureusement très dispersée, beaucoup trop pour avoir une influence tangible. Par ailleurs, leur réputation de ne pas pouvoir nourrir la Planète si elles étaient généralisées est infondée. Au contraire, notre planète se nourrit mal en de nombreux endroits en raison de la spéculation et de pratiques destructrices et prédatrices.
Seule une agriculture respectueuse du vivant serait à même de ralentir l'écocide sus-évoquée. En outre, elle permettrait de contribuer à limiter certains aspects du changement climatique global, dont une partie est imputable aux pratiques agricoles actuelles.

Je vous engage à prendre la mesure de l'extrême urgence à agir et vous encourage à entrevoir la portée historique d'un infléchissement majeur de la politique agricole et environnementale : Nous pourrions être la génération qui a tenté d'arrêter le processus d'extinction biologique que les prévisions dorénavant moyennement pessimistes nous annoncent.
Je vous supplie de considérer l'importance de ce sujet, de son caractère non-accessoire et du cadeau fait à nos enfants, souvent plus écologistes que nous, que constituerait ce premier pas vers un avenir meilleur.
N'attendons pas que la fatalité nous apporte les preuves que la science ne peut fournir avec un taux de certitude de 100 %. Si les facteurs bloquants sont d'ordre économique ou financier, inventons une nouvelle économie qui placerait au sommet des priorités la croissance réparatrice, c'est-à-dire une croissance fondée uniquement sur la régénération du vivant, sur la dépollution, le repeuplement des espèces ! Il va de soi qu'une planète abritant la vie supportera très bien de n'être pas peuplée d'humains, et ce n'est pas cette issue que je souhaite pour ma part.


Je pourrais également vous parler de la question de l'eau, de sa distribution, de son utilisation agricole massive et de la pollution majeure qui affecte les cours d'eau comme les nappes phréatiques. De même, mon propos pourrait également porter plus précisément sur le changement climatique global, sur la surproduction industrielle et ses conséquences sur l'environnement, et sur tant d'autres sujets que la liste serait trop longue à établir ici.
En réalité, toutes les questions sont liées. Prendre comme point de départ un changement de politique profond en matière de production agricole est certainement l'un des moyens les plus naturels et les plus simples de se diriger vers un avenir meilleur pour toutes et tous.
Vous avez peut-être entendu parler du « jour du dépassement », à savoir le jour de l'année à partir duquel un pays ou la Terre toute entière se retrouve en déficit écologique par rapport aux ressources que la planète peut offrir. En France, ce jour a été atteint le 5 mai dernier... C'est beaucoup trop tôt.

Dans l'espoir de votre réponse en actes forts et immédiats, je vous prie de recevoir l'expression de mes respectueuses salutations,

Sébastien Haton

Linguiste, auteur et enseignant, ex-ingénieur de recherche au CNRS

vendredi 31 mars 2017

Allez, dès qu'il repasse au-dessus de 15, je vote pour lui

Les sondages actuels, c'est quand même un truc magique : il y a quasi-unanimité pour les critiquer, ils se sont salement trompés sur les dernières élections, mais ils sont quand même au centre des discussions politiques. Ça me sidère ; un peu comme si les acouphènes étaient au centre des discussions sur la musique... bref.
Pour ma part, je ne consulte jamais de sondages, je ne m'y intéresse pas du tout et je m'en porte mieux. En effet, mes convictions ne sont ni à 0,5 ni à 30 %, elles sont intactes.

mercredi 10 juin 2015

Tout nouveau, tout chaud

L'événement domestique du moment, c'est la création de ma micro-entreprise. Avant de revenir m'exprimer plus régulièrement sur mes pages de blogues, j'inaugure mon tout frais site Internet encore en construction, au nom familier de "Verbe au Vert".
Les informations y sont encore partielles et désordonnées (cela va s'améliorer rapidement), mais je suis déjà opérationnel pour ma part...

http://verbeauvert.wix.com/sebastienhaton

A bientôt, soyez heureux.

mardi 23 décembre 2014

C'est quand un heureux creux se comble qu'on découvre que c'était un creux

Une période de quatre ans s'achève. Quatre ans où il a fallu mettre de côté l'écriture, les blogues, les livres, beaucoup de choses...
Quatre années passionnantes et éprouvantes, pour un métier unique et rare, pour une cause, pour une équipe qui se désagrège parce qu'elle ne peut pas être gardée, mais qui renaît par le courage et la volonté de ceux qui restent.
Quatre années qui sont venues briser un élan en en créant un autre, qui lui-même se retrouve brisé au moment où se recrée le premier.

Je ne sais ce qui se serait passé si je n'avais pas répondu à l'appel au retour à mes premières amours professionnelles. L'inconnu, les difficultés... Je ne sais.
J'ai appris au contraire à être patient, à voir plus loin, à me faire confiance. J'ai appris à faire taire un idéal au nom d'une mission. J'ai appris à souffler sur les braises étouffées.

Je reviens. L'écriture me manquait trop, cela devenait douloureux...
Et pourtant, pendant ces quatre ans, j'ai exercé un des plus beaux métiers qui soient, un métier rare et précieux que nous sommes bien peu à pouvoir exercer en ce monde. Le privilège de la douleur. Faire ce qu'on aime est donc un sacrifice dès lors qu'on délaisse l'essentiel.

Je reviens. Et passé le choc du retour, je pourrai enfin raconter, relater... et montrer !

mercredi 29 décembre 2010

Avoir des choses à dire au bon endroit

J'ai des choses à dire, des opinions, des doutes, des espoirs, des colères, des convictions...
N'aimant pas tout mélanger, j'éprouve l'envie et le besoin d'ouvrir un autre blogue qui ne fermera pas celui-ci.
Dans le second, je lâcherai ces choses à dire, ces opinions, ces doutes, ces espoirs, ces colères, ces convictions...

Je vous tiendrai informés.

vendredi 19 novembre 2010

Scapulo-Humerus glosus III, épilogue

Je ne suis pas un très bon client pour la médecine. Presque jamais malade en ce qui concerne les petits maux les plus courants, je développe en revanche des pathologies improbables, qui ont parfois fait apparaître des cheveux blancs sur la tête de jeunes médecins.
Au rang des curiosités récentes (depuis 1998), je peux citer :

- Mébhorrée des paupières (non diagnostiquée pendant 3 ans et soignée avec de l'eau chaude !)
- Adénolymphite mésentérique du petit enfant (à 32 ans, cas unique en Lorraine m'a-t-on dit)
- Fonte musculaire de la joue gauche (cause inconnue, guérison spontanée)

Vous ne connaissez pas ? c'est normal, les médecins non plus.

Mon problème du jour est du même tonneau, si j'ose dire. Alors que ce devait être une "banale" fracture de l'humérus, la radio a révélé un problème tellement curieux que j'ai d'abord hésité à vous en parler, considérant que ce pouvait servir pour un roman.
Ainsi, j'ai développé à mon insu une calcification dans le tendon scapulo-huméral. Cette calcification est devenue un petit os surnuméraire dont j'ignorais l'existence et qui allait me pourrir la mienne (un jour).
Or, en tombant brutalement dans mon salon il y a 3 jours, je me suis fait une fracture de ce petit os surnuméraire sans léser le tendon ni l'épaule ni l'humérus. Autrement dit, je me suis fait une "fracture d'une arthrose scapulo-humérale", pathologie que je m'empresse d'ajouter à la liste principale. Ma doctoresse en riait joyeusement en découvrant la radio.
"Si ça se trouve, ajouta-t-elle, l'accident va faire disparaître cette calcification et vous serez débarrassé de ce problème !"

Bref, c'est quand même une fracture et donc ça fait mal et il faut que je me repose... mais au final j'ai plus de bien que de mal et ça... quand on connaît mon cheminement dans l'existence... c'est presque une constante.

Des images de ma détresse :)) :

Comme le montre la radio,
la calcification du tendon s'est fragmentée en trois...

J'adore mon nouvel emploi de gardien de musée.
Ici, comme vous pouvez le constater,
le tableau inspiré par Monet s'harmonise fort bien avec le carrelage
et la lumière qui le frappe est parfaite.

Par certains commentaires et quelques courriels adorables, je me rends compte que de nombreux proches aimés suivent ce blogue en visiteurs anonymes et fidèles.
A eux et à tous ceux que je connais moins mais qui viennent amicalement me voir, j'envoie embrassades, accolades, poignées de mains, sourires, pressions légères sur l'épaule et toute manifestation de mon affection et de ma reconnaissance.
Soyez heureux.
Sébastien

jeudi 18 novembre 2010

Scapulo-Humerus glosus II

Finalement, n'a pas cassé.
Logiquement, je vais récupérer mon deuxième bras assez vite. Bonne nouvelle pour mes récits.
Toutefois, je ne sais pas encore exactement ce que j'ai et qui me fait aussi mal.

Je ne me plains pas : en trois jours j'ai fait d'énormes progrès en frappe sur clavier avec une seule main ;))

mercredi 17 novembre 2010

Humerus glosus

C'est un message un peu spécial... que je vous écris d'une seule main.
Il y a présomption de fracture sur l'autre bras, à la suite d'une chute.
Le médecin va me le confirmer sous peu. Si c'est le cas, je continuerai à écrire de ma main valide, ce qui raccourcira nécessairement mes messages et le reste...
A part ça, tout va bien. Même mon moral est au beau fixe malgré la douleur et une certaine forme d'inquiétude, qui de toute façon ne sert à rien.

Soyez heureux.

samedi 16 octobre 2010

Alerte, le corps stresse

Aujourd'hui, mon corps m'a dit "attention, tu stresses sans le savoir".
Je connais cet avertissement et le respecte. N'étant pas très anxieux mentalement, c'est généralement mon physique qui tire les poignées d'alarme.
Je crois que cette histoire de challenge littéraire 2010 est en train de m'user un peu. Oh, qu'on se rassure parmi mes proches, il s'agit de signaux faibles, mais réels.
C'est un fait, je m'en fais une montagne (cf. "chaque étape est une étape de montagne" du message précédent) alors qu'il n'y a que moi que cela impacte vraiment. Il y aussi les contreparties à écrire dans le cadre de babeldoor et qui sont en retard. Il y a des emplois potentiels qui se profilent pour 2011, à plein temps ou à temps partiel. Il y a...

Il y a que je me mets tout seul, et sans m'en rendre compte, une pression qui ne s'impose pas, que VOUS ne m'imposez pas.

Le nouveau challenge littéraire 2010 sera donc dorénavant de le poursuivre dans la légèreté, le calme, la bonne humeur, la confiance et une totale absence de pression. Il adviendra ce qu'il adviendra et la notion de "premier jet" sera soumise à caution en temps voulu. Il n'est nullement question d'abandonner ce projet, entendons-nous bien. Je dois juste le vivre différemment, prendre de la distance, me détendre.
Après tout, j'ai déjà des récits achevés, j'en ai d'autres en relecture, pas mal en projet aussi...
Il faut que cesse cette auto-dictature de la performance, qui me fatigue alors même que je ne la pratique pas consciemment.

D'avoir écrit cela a fait un peu diminuer ma migraine et mes courbatures. Nul doute que l'auto-guérison est en marche.

Nous n'avons pas le choix, il va falloir apprendre à vivre en nous respectant nous-mêmes.
Soyez heureux.